ALLOCUTION DE L’HONORABLE AURELIEN-SIMPLICE KONGBELET-ZINGAS

Député centrafricain, Président de la Commission Santé, Affaires Sociales et Travail au Parlement Panafricain.

A l’occasion du

 Sommet Panafricain de Haut Niveau sur le financement du VIH/SIDA et de la santé

Brazzaville, le 11 au 12 juillet 2019

 

 

 

 

 11 Juillet 2019

 

  • Leurs Excellences, Mesdames et Messieurs les Présidents des Chambres ;
  • Monsieur le Président du Parlement panafricain ;
  • Monsieur le Président du Parlement de la CEMAC ;
  • Très Vénérables et Honorables Présidents des commissions permanentes parlementaires,
  • Vénérables Sénateurs, Honorables Députés,
  • Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement,
  • Leurs Excellences Mesdames Messieurs les Ambassadeurs et Chefs des Missions Diplomatique ;
  • Madame la Commissaire aux Affaires Sociales de l’Union Africaine,
  • Madame la Directrice exécutive de l’ONUSIDA ;
  • Madame la Vice-directrice exécutive du Fonds Mondial
  • Madame la Directrice Régionale de l’OMS pour l’Afrique,
  • Mesdames Messieurs les Représentants des Agences des Nations-Unies,
  • Madame la Maire de Kintele,
  • Mesdames Messieurs du secteur privé et de la société civile,
  • Chers invités,
  • Mesdames et Messieurs,
  • Distingués personnalités en vos rangs grades et qualités,

C’est pour moi un plaisir et un honneur de me retrouver parmi vous dans cette enceinte pour discuter de la question hautement importante du financement du VIH et de  la santé.

Nous ne pouvons plus continuer à avoir une vision seulement verticale et isolée de la réponse au VIH. Il est indispensable aujourd’hui d’accroître les synergies avec les programmes de lutte contre la tuberculose, le paludisme, les hépatites, le cancer du col de l’utérus, les maladies non transmissibles, afin de diminuer les principales causes de maladies et de décès parmi les personnes vivant avec le VIH.

Mesdames et Messieurs,

Distingués personnalités en vos rangs grades et qualités,

Selon un rapport 2018 de l’ONUSIDA, le Droit à la santé fait clairement ressortir les défis futurs en matière d’efforts à réaliser pour mettre fin à l'épidémie de SIDA en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030.

Ledit rapport souligne que, pour réduire les nouvelles infections du VIH, les décès associés au SIDA et assurer un accès aux services primordiaux de santé, il est nécessaire d'accroitre le financement en termes de santé. Le rapport donne des exemples sur la manière d’augmenter le financement, comprenant notamment l’augmentation de la part des dépenses de santé publique en proportion avec les économies nationales et la réalisation d’économies grâce au rendement et au partenariat avec le secteur privé.

 Le déficit de financement pour le VIH était  en 2017 estimé à 7 milliards de dollars américains d’ici 2020.

Nous, voici à l’horizon  2020, les objectifs de l’accélération de la riposte « mettre fin à l’épidémie de SIDA d’ici à 2030 »,  nous le savons tous requièrent une très grande déviation par rapport aux tendances programmatiques et de dépenses, en particulier en Afrique subsaharienne. Les documents de référence des sous-secteurs VIH, Nutrition et Paludisme relèvent que pour atteindre ces objectifs de l’accélération de la riposte, les niveaux de dépenses actuels demeurent insuffisants.

L’Afrique subsaharienne aura besoin de la plus grande partie du financement mondial destiné au sida.

A cet effet La vision de l’OMS « pour un monde sans paludisme » cible l’élimination du paludisme suivie de l’éradication du paludisme dans tous les pays où la transmission du paludisme est endémique. Le renforcement d’un financement accru pour lutter contre le paludisme a entraîné des gains considérables contre l’incidence et la mortalité du paludisme.

Aussi, les objectifs sur la nutrition de l’Assemblée mondiale pour la santé (AMS) à l’horizon 2025 et les objectifs de développement durable (ODD) visant à mettre fin à toutes les formes de malnutrition d’ici à 2030 exigent l’augmentation substantielle du financement des interventions destinées à améliorer la nutrition ainsi que de l’incorporation d’actions dans les secteurs clés.

La Déclaration de Tunis sur l’optimisation des ressources, la soutenabilité et la redevabilité dans le secteur de la santé, une initiative de la Banque africaine de développement, reconnaît « qu’une couverture élargie et plus équitable des services de santé […] passent par une utilisation plus efficace et plus rationnelle des ressources publiques et privées, existantes et supplémentaires ainsi que des ressources additionnelles que la croissance économique pourrait générer » pour la santé. 

Notre rencontre d’aujourd’hui voudrait non seulement faire écho de cette optimisation des ressources mais aussi apporter lors de nos échanges  des pistes de solutions pour le financement de la santé de façon intégrée afin que nous puissions nous servir aussi de ces différents programmes prioritaires dans nos pays tel que la lutte contre le VIH/SIDA, le Paludisme, la Malnutrition, les Maladies Non Transmissibles dont l’Afrique paie en ce moment un lourd tribu sans oublier la Vaccination qui dans plusieurs pays devrait  être la porte d’entrée pour la mise en œuvre de la Couverture Sanitaire Universelle

 

Mesdames et Messieurs,

Distingués personnalités en vos rangs grades et qualités,

Il n’incombe pas qu’au ministère de la Santé ou aux agences chargées de la coordination de la riposte au VIH de mettre fin à l’épidémie de SIDA d’ici à 2030. Le rôle du secteur privé, des Fondations, de la société civile et de nous-même les parlementaires est aussi primordiale dans cette lutte.

Comme nous le savons tous à cause de  son impact sur le bien-être et l’économie, le VIH constitue un objectif politique national de haut niveau. Cet objectif définit donc un programme collaboratif entre les ministères des Finances et de la Santé, avec le soutien des agences chargées de la coordination du SIDA, en vue d’élaborer une stratégie de financement de la lutte contre le VIH à long terme qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de financement de la Couverture Sanitaire Universelle.

c’est à ce titre que ce Sommet Panafricain de haut niveau sur le financement du VIH et de santé, s’inspirant des Déclarations N°1 ET 4 de la Conférence des Chefs d’Etats de l’Union Africaine sur le financement de la santé lors du 32eme Session Ordinaire de la Conférence, qui s’est tenue du  10- 11 février 2019 à  Addis Ababa voudrait  être l’une des plateformes pour leur internalisation et leur mise en œuvre. Notant que l'Objectif de Développement Durable 3 (ODD 3) visant à réaliser la couverture universelle en matière de santé ne peut être atteint qu'avec un leadership national fort, une collaboration multisectorielle et l'appui des partenaires multilatéraux et bilatéraux, d’autres partenaires stratégiques, et du secteur privé.

Notant que la Fiche d'évaluation du financement intérieur de la santé en Afrique pour 2018 montre que 36 des 55 Etats membres de l'UA (65,5%) ont augmenté le pourcentage du PIB investi dans la santé au cours de l'exercice financier précédent

Il a aussi été noté avec préoccupation lors de ce Sommet de l’UA de février dernier qu'en dépit de cet investissement accru dans la santé, seuls 2 des 55 Etats membres de l'UA atteignent l'objectif de l'Afrique de consacrer au moins 15 % du budget gouvernemental à la santé et qu'en aucun cas cet investissement n'atteint l'objectif de 86,30 $ américain par habitant.

Mesdames et Messieurs,

Distingués personnalités en vos rangs grades et qualités,

Nos Pays se sont aussi engagés lors de ce sommet :

 

à ACCROÎTRE les investissements nationaux dans la santé, améliorer les systèmes de financement de la santé et intensifier les efforts de manière adaptée au contexte afin que chaque pays puisse suivre sa propre voie pour atteindre et maintenir une couverture sanitaire universelle et que les populations du continent africain puissent recevoir les services de prévention, de diagnostic, de traitement et de soins de qualité, accessibles et abordables dont elles ont besoin sans connaître des difficultés financières ;

 

Et aussi à MOBILISER un financement suffisant et durable pour renforcer les systèmes de santé, en particulier les soins de santé primaires et les institutions nationales de santé publique, et parvenir à une couverture sanitaire universelle;

et enfin à  PROMOUVOIR davantage la coopération entre les secteurs public et privé en vue de créer des synergies pour assurer une santé durable, efficace, efficiente et équitable pour tous et assurer la santé pour tous.

 

L’un des Objectifs de ces assises est de prendre nos marques lors  des prochaines reconstitutions du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, de Gavi Alliance du vaccin, de la Banque africaine de développement, et de la récente réunion sur la reconstitution du Fonds de Financement Mondial (GFF), afin que  les États membres de l’UA et les partenaires au développement soutiennent  activement ces efforts de reconstitutions.

Mesdames et Messieurs,

Distingués personnalités en vos rangs grades et qualités,

Je terminerai mon propos en  nous rappelant, à nous les parlementaires certaines de nos missions à savoir:

  • Informer les gouvernements des divers modes de financement permettant de mobiliser des ressources.
  • Proposer des solutions législatives et des politiques pour le financement des programmes de traitement du VIH, notamment des taxes et contributions spéciales, ainsi que des systèmes durables de couverture maladie universelle.
  • Lancer un débat approfondi sur les avantages et les risques liés à l’investissement dans une fabrication nationale de traitements du VIH, tenant compte des capacités technologiques et réglementaires locales, des possibilités de réduction des coûts et des projections de la demande future en traitements.

En tant que législateurs, nous  parlementaires  nous pouvons veiller à ce que des lois garantissent l’accès aux médicaments essentiels et à un traitement et des soins de qualité, de sorte que les personnes vivant avec le VIH soient protégées des discriminations.

Nous les parlementaires pouvons :

  • Lorsque nous votons le budget, nous pouvons peser sur l’allocation de fonds à la santé afin que le minimum de 15% du Budget de l’Etat requis dans la Déclaration d’Abuja soit respecté ;
  • Demander des analyses systématiques des coûts et des déficits futurs du traitement du VIH et la sante afin de préparer un ‘argumentaire en faveur de l’investissement’ dans les programmes nationaux de lutte contre le VIH. Pour plaider la cause de cet investissement, il faut identifier le financement requis au regard des coûts futurs du traitement et démontrer le retour sur investissement dans le traitement du VIH et de la sante, compte tenu des économies en frais médicaux et des gains sociaux et en termes de productivité découlant de traitements précoces et efficaces ;

Il faut aussi proposer des mécanismes de financement novateurs et suggérer des solutions de transition des sources de financement spécifiques au VIH, aux mécanismes de financement généraux de santé, étant donné que beaucoup de pays se dirigent vers la Couverture Sanitaire Universelle.

Lors de l’examen de la Loi de Finances, nous  parlementaires pouvons prôner des mécanismes durables de financement du traitement du VIH.

 Quant aux gouvernements, ils doivent éviter une dépendance excessive vis-à-vis des donateurs internationaux et préférer, là où c’est possible, des sources nationales pour maintenir les programmes relatifs au VIH.

Nous parlementaires devons demander instamment aux gouvernements d’analyser systématiquement les coûts futurs des traitements du VIH afin de prévoir à long terme, tout en réfléchissant aux possibilités de financements nationaux novateurs, ainsi qu’à la couverture des coûts du VIH par l’assurance santé et la sécurité sociale.

Pour soutenir les budgets de santé, nous parlementaires peuvent argumenter que d’importantes économies peuvent être réalisées grâce à un accès plus large aux médicaments génériques.

Le VIH reste l’une des menaces les plus redoutables pour la santé et le développement à notre époque. Forte heureusement, nous disposons désormais d’outils permettant de mettre fin à cette épidémie mondiale.

L’amélioration récente de l’efficacité des traitements du VIH et une meilleure compréhension de la manière dont le traitement facilite aussi la prévention sont certainement les clés vers la première génération enfin libérée du sida.

Mais pour que le succès soit complet, il faudra très certainement accélérer et élargir l’accès au traitement à tous ceux qui en ont besoin, en veillant à ce que nul ne soit laissé au bord du chemin.

Nous parlementaires pouvons contribuer à faire de cette ambition une réalité.

 

Nous parlementaire pouvons aussi

  • Inviter les gouvernements à envisager de rattacher le VIH à d’autres domaines prioritaires de santé (par exemple : le paludisme, la tuberculose, les Maladies non Transmissibles, la réduction de la Mortalité maternelle, la vaccination….) pour faciliter la mobilisation commune de ressources. Les mécanismes de financement innovants permettent de lever des fonds pour divers besoins de santé; ils ont été utilisés pour financer des programmes relatifs au VIH, des maladies non Transmissibles et le renforcement du système de santé, et peuvent donc nous aider à aller vers une Couverture Sanitaire Universelle.

 

Je conclus  enfin  mon propos par cet exemple assez illustratif,

Mesdames et Messieurs,

Distingués personnalités en vos rangs grades et qualités,

Dans nos pays, une bouteille de bière coute en moyenne 1 dollar américain (USD)  ceci est le montant qu’il faut pour vacciner un enfant et le protéger un enfant de 12 maladies  évitables par la vaccination avant son premier anniversaire.

UNE seule bouteille de bière… un enfant vacciné !

DEUX bouteilles de bière sauvent une personne de la mort due au SIDA

En une semaine, un mois combien de bière consommons nous….

Je n’ose même pas parler du coût d’une seule bouteille de champagne !!!

Un dollar pour vacciner un enfant….       surtout que nous avions reconnus en 2016  la vaccination comme pierre angulaire pour la santé et le développement en Afrique une porte d’entrée pour la Couverture sanitaire Universelle.

Le problème en fait  c’est….  Chez qui le trouver ce dollar ?

Un dollar et un dollar mis ensemble produit un gros montant…. de  plusieurs dollars pour notre  contribution à la Couverture Sanitaire Universelle…

La couverture sanitaire universelle, Ce n’est pas simplement le financement de la santé elle englobe tous les éléments du système de santé sans oublier  la gouvernance et la législation

Rien qu’en jouant notre rôle de Parlementaire…

 

Ensemble si nous nous voulons, nous pouvons  aider nos pays à relever ces défis !

 

Je vous remercie  de votre aimable attention!!!!